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Bright Star (« Que n'ai-je la constance... »)

Sonnet d'après John Keats (1819)

Que n’ai-je la constance, astre, de ta lueur !
Non pour veiller de l’œil éternel de l’ascète
Perché seul dans le ciel de nuit et de splendeur,
Patient, infatigable, épiant de sa retraite

Les eaux dont le reflux comme un geste sacré
Purifie sans fin les rivages de la terre,
Ou baissant le regard vers la couche nacrée
De neige tombée sur les monts et les bruyères...

Non ; mais toujours constant, immuable, couché
Sur le sein florissant de ma douce maîtresse,
Plongé dans un éveil à jamais prolongé

Pour sentir à jamais se gonfler sa tendresse,
Pour sans cesse écouter le souffle de son corps
Et vivre ainsi toujours, ou sombrer dans la mort.

Bright star, would I were stedfast as thou art—
Not in lone splendour hung aloft the night
And watching, with eternal lids apart,
Like nature's patient, sleepless Eremite,

The moving waters at their priestlike task
Of pure ablution round earth's human shores,
Or gazing on the new soft-fallen mask
Of snow upon the mountains and the moors—

No—yet still stedfast, still unchangeable,
Pillow'd upon my fair love's ripening breast,
To feel for ever its soft fall and swell,

Awake for ever in a sweet unrest,
Still, still to hear her tender-taken breath,
And so live ever—or else swoon to death.