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Ô Solitude...

John Keats (1815)

Ô Solitude, si je dois vivre avec toi,
Que ce ne soit parmi des monceaux de bâtisses
Maussades ; gravissons la pente – observatoire
De la nature –, d'où le val et ses versants
Fleuris, et sa rivière de cristal, ne sont
Pas plus grands qu'un empan ; que je monte la garde
Sous les rameaux tendus, où le cerf d'un bond vif
Chasse l'abeille de la digitale à cloche.
Mais bien que j'aime à évoquer pareille scène,
Les doux propos d'un esprit innocent, aux mots
Purs comme de pures images de pensée,
Raviraient mieux mon âme ; et sans doute cela
Compte parmi les plus hautes des joies humaines,
Lorsque deux âmes soeurs se réfugient chez toi.

O Solitude, if I must with thee dwell,
Let it not be among the jumbled heap
Of murky buildings; climb with me the steep,-
Nature's observatory - whence the dell,
Its flowery slopes, its river's crystal swell
May seem a span; let me thy vigils keep
'Mongst boughs pavillion'd, where the deer's swift leap
Startles the wild bee from the fox-glove bell.
But though I'll gladly trace these scenes with thee,
Yet the sweet converse of an innocent mind,
Whose words are images of thoughts refin'd,
Is my soul's pleasure; and it sure must be
Almost the highest bliss of human-kind,
When to thy haunts two kindred spirits flee.